1— Comment on fabrique une typo ? Émilie Rigaud — DYPOFEST
Автор: dypofest
Загружено: 2019-09-02
Просмотров: 2957
On te propose un Typotalk en 4 épisodes de la typographe Émilie Rigaud, capturé lors du micro festival typographique DYPOFEST le 31 mai 2019. Ce projet est mené par l’atelier Hyperespace, Manon Painteaux, Kevin Laurent, Mathilde Giron et Jean-Charles Amey à Reims.
—
Dans ce premier épisode Émilie Rigaud retrace la création du caractère Coline — célèbre au Canada — pour nous expliquer comment elle fabrique un caractère typographique.
—
Émilie Rigaud est typographe, dessinatrice de caractères indépendante, enseignante en typographie et chercheuse en histoire de la typographie japonaise. Voici une courte bio et son www.aisforapple.fr
—
Après un master en design graphique à l’ENSAD (Paris), Émilie Rigaud se spécialise en design typographique à l’Université de Reading. La famille de caractères qu’elle y dessine, Coline, reçoit en 2011 le prix du Tôkyô Type Directors’ club. Elle crée alors sa fonderie typographique « A is for… » pour distribuer ses propres caractères.
Elle enseigne également depuis 2013 à l’ANRT (Atelier National de Recherche Typographique) et mène en parallèle des recherches sur l’histoire de la typographie japonaise dans le cadre d’un master de japonais à l’Inalco.
Elle a travaillé pendant 2 ans pour les éditions Xavier Barral, et a participé au sein de l’agence Atalante à des appels d’offre tels que l’identité de l’Opéra de Paris et l’identité du Théâtre de l’Odéon. Elle travaille régulièrement pour les éditions Dilecta, maison spécialisée dans les livres d’art et catalogues d’exposition.
En plus de cette expérience dans l’édition artistique, elle pratique au quotidien le design de polices de caractères, que ce soit pour développer des caractères personnels ou pour l’identité visuelle de commanditaires.
🔥
La première question c'est évidemment comment se fabrique une typographie. Les gens, surtout le grand public, n'en ont pas forcément conscience puisque elles sont déjà dans l’ordinateur les typos,
— donc il y a quelqu'un qui les a fait ? — Ben oui, elles ne sont pas arrivées avec la machine.
Je vais vous présenter le processus de travail, enfin mon processus de travail, à travers la création de ce caractère, le Coline. C'est en fait le tout premier caractère que j'ai designé quand j'étais encore étudiante en dessin de caractères à l'Université de Reading en Angleterre. Cela remonte à une dizaine d'années. C'est un caractère particulier, car j'avais toute une année pour travailler dessus, c'était dans le cadre de ma formation. Après quand on travaille, on peut rarement passer une année comme ça à temps plein dans de la recherche.
À travers la création de ce caractère de recherche, j'ai pu poser les bases de mon processus de travail. Je voulais faire un caractère qui soit adapté au livre de poche au livre de petit format. Cela implique donc des contraintes particulières, il faut que le caractère soit compact, qu'il ait des ascendantes et descendantes assez courtes, qu'il soit lisible dans des conditions d'impression pas forcément optimal, c'est-à-dire sur un papier granuleux avec une encre qui peut être de mauvaise qualité,... Donc toutes ces contraintes-là définissent une sorte de brief pour le caractère.
Pour démarrer, je me suis inspirée du travail de Simon de Colines qui est un imprimeur français du début du 16e siècle. Il était l'un des premiers à faire des livres de petit format, il voulait faire des livres pour les étudiants, des livres pas trop chers. Étant moi-même étudiante à l'époque, je trouvais que c'était un chouette type. Je suis partie de son travail. Là, vous voyez un ouvrage de 1525. Il était confronté aux mêmes contraintes, il fallait que ce soit économique et d’autant plus à l'époque le papier et l'encre étaient de moins bonne qualité. Donc là, on voit une reproduction pas très bonne mais le but n'était pas vraiment de reprendre ses formes mais plutôt de s'inspirer des proportions. On voit que j'ai entouré les lettres qui me paraissaient justes pour mon projet, surtout le e. J'ai beaucoup regardé le e. On voit donc les premiers dessins du e à partir du travail de Simon de Colines et tout à droite on voit la version numérique. La famille Coline se compose de 3 membres de la famille, la Coline première, la Coline cursive et la Coline extrême. Tout l'enjeu du caractère est qu'il n'y a pas d’italique...
Доступные форматы для скачивания:
Скачать видео mp4
-
Информация по загрузке: