Freud, Philosopher la Paix – Explication #11 Guerre, Pulsions et Paix
Автор: Sobrecrate
Загружено: 2026-01-14
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Dans ce onzième épisode de « Philosopher la paix », Freud renverse l’idée d’une paix naturelle : la paix n’est jamais un état, c’est une pacification, un travail fragile qui consiste à lier des forces plutôt qu’à les supprimer. Du côté du sujet, les Leçons d’introduction montrent un moi assiégé par la libido, le refoulement et les résistances : le symptôme apparaît comme un traité intérieur coûteux, une satisfaction détournée qui apaise tout en faisant souffrir, et la cure vise une paix plus lucide — non par répression, mais par mise en lumière et réorganisation du conflit (transfert, interprétation, levée des défenses). Du côté théorique, « pulsion » (Pulsions et destins des pulsions) dit pourquoi la paix intérieure n’est jamais donnée : une exigence corporelle insiste, et la seule issue est de lui donner un destin (refoulement, retournement, sublimation). Du côté collectif, la civilisation (L’avenir d’une illusion) est une paix surveillée : elle tient parce qu’elle contraint les pulsions, institue des règles, redistribue, et fait payer à chacun des renoncements vécus comme oppression — tandis que la religion peut offrir une illusion de paix en calmant la détresse par un Père imaginaire. Enfin, dans la lettre à Einstein (Pourquoi la guerre ?, 1932), Freud rappelle que le droit naît de la violence et reste une violence organisée : la paix politique dépend d’un monopole de la force et de liens d’identification, mais la destructivité ne disparaît pas, elle se déplace. Conclusion : la paix freudienne n’est pas “zéro conflit”, c’est un conflit rendu vivable — et donc une construction toujours à recommencer, par plus d’Éros (liens, culture, institutions) plutôt que par l’illusion d’éradiquer l’agression.
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